| voilà serghii, j'ai mis du temps, et je suis longue, j'espère qu'on me pardonnera Artemisia Formés sur la même racine : les mots grecs artemia : bonne santé, artemisia : l’armoise (sorte d’absinthe (sic)) et artemidion : dictame ou fraxinelle, plantes à l’essence très odorante. Ces plantes étaient utilisées brûlées sur les autels pour honorer les dieux . On connaît comme plantes indigènes aromatiques en Europe Artemisia alba=camphorata= à parfum A. abrotanum : aurone A. vulgaris, latifolia, herba regia Artemisia absinthium (L), ou vulgare majus,ou A. ponticum seu Romanum officiarum (Dioscoride) armoise absinthe commune ou officinale dite herbe sainte, herbe aux vers. Cazin écrit : l’absinthe est une ds plantes indigènes les plus précieuses ; les anciens ont célébré ses vertus. -c’est un puissant tonique et un utile fébrifuge, proposé comme succédané du quinquina. -c’est un excellent vermicide -à l’extérieur : détersive et dépurative soin des ulcères et gangrènes A cause de sa combustion lente, on utilise encore l’armoise en médecine chinoise, dans les moxas, et à brûler au bout des aiguilles d’acupuncture : c’est la thermopuncture. Voici des extraits de la plante compagne de Pierre Lieutaghi : " Comme aromatique à brûler, l'armoise conserve une place de choix en médecine orientale : ses "feuilles sèches, roulées-tassées dans un cornet de papier, servent aux moxas, cautères "antihémorragiques et thermopuncture où excelle son pouvoir de combustion lente à température "élevée. La filiation est probable entre cet usage profane - appliqué toutefois en thermopuncture, à la "stimulation des énergies du corps - et un ancien don de fumée aux dieux maîtres de toutes les "énergies, détenteurs du savoir d'origine sur leur distribution chez l'homme : les moxas honorent les "traces des dieux en nous. L'un des anciens noms français de la plante, "herbe de feu", pourrait bien "remémorer de son côté les anciens feux sacrés (plus trivial est le "joint" d'armoise que se passent les "fumeurs d"`herbe" quand il a grêlé sur le balcon et que la récolte de Cannabis gallica - ou helvetica, "italica, germanica, etc. - est partie dans la gouttière. Bien avant eux, les enfants des campagnes "fumaient l'armoise). "Le champ thérapeutique majeur couvert par la grande armoise est bien celui du sang. Du sang "féminin à peu près exclusivement, dans nos pays. " Artemisia : dès l'Antiquité, la plante est dédiée à la déesse qui préside aux naissances, Artémis, et "aux divinités moindres qu'on invoque sous le nom d'Eileithia, Ilithye, assistantes des femmes en "couches et protectrices des sages-femmes. Artémis, fille de Zeus et de Léto, a été mise au monde "sans douleur aucune. Elle sollicite de son père l'éternelle virginité et, entre autres biens, une tunique "gansée de rouge (R. Graves). Sous le nom d'Artemisia, les Anciens associaient à l'armoise "commune des plantes du même genre botanique, plus odorantes, souvent littorales. -Je pense que c’est là qu’intervient probablement l’artemisie alba de serghii, dont je n’ai trouvé aucune indication thérapeutique- " On les brûlait sur les autels. La propension de la grande armoise à s'aventurer dans les lieux "habités, ajoutée au "signe" de sa tige, a favorisé son élection comme "mère de toutes les herbes". Ce "titre lui était disputé jadis par la matricaire (latin mater, -tris, "mère"), mais la grande mater herbarum "des vieilles croyances est bien l'armoise. On retrouve ce titre chez les Bretons sous la forme "mam "lezeu". Tandis qu'un jeu de mots (qui pourrait bien avoir sa part dans l'origine du mythe) convertit "parfois "mère des herbes" en "herbe des mères" : c'est" l'erbo de la maire" des Provençaux. Et maire "signifie aussi "matrice" et "hystérie". "Mais revenons au rouge. Il coule en longs filets sur les tiges de l'armoise. Il fait de cette amère qui "aurait pu se fondre parmi la cohorte des toniques-amères à vocation surtout digestive, parfois "fébrifuge, un remède spécifique des troubles associés à la menstruation. Dans les douleurs des "règles, l'aménorrhée (= règles insuffisantes ou interrompues), c'est un remède connu de toutes les "femmes du passé et encore conseillé par bien des mères à leurs adolescentes, en Europe "méridionale. En Provence, sous maintes variantes locales, circule toujours un proverbe ainsi consigné par Mistral (Lou Tresor dou felibrige, i, 145) : Se sabiés li vertu de l'artemiso n'en garniriés l'orle de ta camiso. "Si tu savais la vertu de l'artémise, tu en garnirais l'ourlet de ta chemise." Artemis La déesse Artemis , bien antérieure dans les cultes au dieu aryen Apollon, qui lui a été adjoint comme jumeau, est la déesse de la nature sauvage et indomptée, patronne des vierges et des Amazones. Elle protège autant qu’elle chasse- féministe écologiste raisonnable- les bêtes sauvages dont ses bois sacrés sont des conservatoires avant l’heure -mon interprétation- Elle est aussi la déeesse des eaux et plantes sauvages, et de tout ce qui pousse naturellement (alors que Démeter préside aux cultures) sous le nom d’Orthia, ce qui explique son association aux grandes déesses mères primitives orientales, comme on le voit à Ephèse, (temple considéré comme une des 7 merveilles du monde), on l’honore alors comme « Grande Déesse » de la fécondité ou Grande Mère. Mais le fait qu’elle préside aux plantes et soit associée au cycle féminin et à la lune lui donne aussi un côté obscur qu’on trouve dans des associations et assimilations avec la déesse Hécate, la magicienne à triple face dont Médée était la prétresse. N’oublions pas que les soins particuliers aux femmes, dont l’avortement, est resté le fait exclusif des femmes jusqu’au 19e siècle chez nous, et le reste aujourd’hui dans la plupart des contrées.. |